UN APPEL À CHANGER
(Éphésiens 4.17-22)
 

par Bernard Guy

Tout le monde change avec le temps. Certains changent pour le mieux et d'autres, pour le pire. Certains deviennent arrogants; d'autres s'adoucissent. Certains sont de plus en plus positifs; d'autres s'enfoncent dans la critique. Certains se libèrent de mauvaises habitudes; d'autres bataillent en secret et expérimentent rechute après rechute. Certains aiment de plus en plus la vie; d'autres en viennent à la détester. Certains deviennent plus sensibles et attentifs aux autres; d'autres, de plus en plus égoïstes et indifférents. Certains évoluent dans la bonne direction; d'autres s'entêtent dans une mauvaise voie. Et comme dirait l'Ecclésiaste, “Toutes choses sont en travail au-delà de ce qu'on peut dire” (Ecc 1.8). Que tu le veuilles ou non, tu changes. Tu évolues pour le meilleur, par la force du Seigneur, ou pour le pire en donnant cours à tes tendances négatives. Tout le monde change avec le temps. Dans Éphésiens 4:17-22, Paul invite les Éphésiens à changer pour le mieux.

Il débute son exhortation au verset 17 en leur déclarant qu'ils ne doivent plus marcher (vivre) comme les païens (non croyants) c'est-à-dire comme avant. Cinq observations s'imposent:

(1) Vivre comme avant est d'aller à l'encontre de la volonté du Seigneur lui-même. L'apôtre Paul écrit: Voici donc ce que je dis et ce que j'atteste dans le Seigneur. En ajoutant dans le Seigneur, il souligne qu'il ne parle pas ici de son propre chef. Le Seigneur Jésus qui est mort pour nous, qui a vécu l'humiliation et le rejet, qui a quitté sa position de gloire pour se mettre à notre service nous demande une petite faveur. Il nous demande de ne plus vivre comme avant; comme avant de le connaître, comme avant d'avoir été pardonné, comme avant d'avoir été sauvé et d'avoir reçu le Saint-Esprit. Et le Seigneur qui nous demande cela est celui que nous verrons bientôt face à face au tribunal de Christ. Les commandements de Jésus et ses exigences n'ont rien à voir avec les exigences du pasteur, d'un autre croyant ou les règles d'une religion. C'est ce que le Seigneur lui-même exige de nous: une rupture avec les mauvaises choses du passé, des changements de vie positifs et un coeur renouvelé.

(2) Vivre comme avant est toujours possible. C'est possible, mais c'est un mauvais choix. Un croyant peut vivre “tout croche”, mais il ne sera pas bien dans sa peau. Un croyant a toujours le potentiel de commettre de grandes bêtises et d'adopter des attitudes inacceptables (1 Cor 5.1). Les vieux réflexes, les sentiers battus, les moyens de fuite et les dépendances émotives ne sont pas si loin. Mais c'est toujours une erreur d’y retourner.

(3) Vivre comme avant est une tentation réelle. Lorsque Paul écrit comme les païens au verset 17, il veut dire comme la majorité des gens (1 Pierre 1:14-16). Suivre le courant est combien plus facile que nager à contre courant. Ne pas se poser de questions, considérer ce qui est généralement accepté comme acceptable et ne pas se démarquer et risquer le rejet constituent une tentation réelle.

(4) Vivre comme avant est incohérent. Un richissime ne devrait pas vivre comme un mendiant. Une personne très douée ne devrait pas court-circuiter son développement et vivoter, sans but. Une personne réconciliée avec Dieu, libérée de la puissance du péché ne devrait pas vivre contrôlée par des habitudes dégradantes conduisant à son auto-destruction. C'est tout simplement incohérent.

(5) Vivre comme avant est irresponsable. À cause du témoignage (Éphésiens 5.8) et de notre responsabilité d'édifier les frères (Éph 5.1), il est tout à fait irresponsable de vivre égoïstement comme avant et de pas contribuer activement au développement de l’œuvre de Dieu.

Bref, Paul souligne dans la première partie du verset 17 l'importance cruciale du renouveau.

Il mentionne ensuite dans les versets 17b à 19 deux domaines où nous devons être renouvelés. Le premier est le domaine de l'intelligence (v. 17b-18). Paul souligne les limites de l'intelligence de l'homme qui n’est pas en communion avec Dieu : … les non croyants qui marchent selon la vanité de leurs pensées
(v. 17b). Le terme vanité suggère l’idée de grandes prétentions associées à un manque flagrant de puissance. Dieu a laissé à l'homme suffisamment d'intelligence pour qu'il se croit intelligent et capable de grandes réalisations. Celui-ci contrôle assez bien les choses de moindre importance (le béton, le fer, la brique et l'électronique), mais les choses les plus importantes de la vie lui échappent: la paix dans le monde, la justice dans “le village global”, le sens de la vie, le chemin du bonheur, la route de la liberté et la recette de l'amour. Les philosophes grecs, les hommes religieux, les artisans de la Renaissance, les encyclopédistes et les scientifiques d’aujourd’hui se sont tous penchés longuement sur ces questions fondamentales, mais il semble que leurs réflexions n’aient pas abouti ou aient été rapidement oubliées. L'homme manque particulièrement d'intelligence et de connaissance sur le plan spirituel. Paul ajoute: Ils ont la pensée obscurcie, ils sont étrangers à la vie de Dieu, à cause de l'ignorance qui est en eux et de l'endurcissement de leur coeur. ils sont privés de la vie de Dieu. L'homme ne sait pas comment trouver Dieu, mais n’est pas non plus vraiment intéressé à le trouver ni à découvrir son message et sa sagesse.

Un autre domaine où le croyant doit être renouvelé est le domaine moral. Parachevant son portrait de la vie des non croyants, Paul déclare dans le v. 19, Ils ont perdu tout sens moral, ils se sont livrés au dérèglement, pour commettre toute espèce d'impureté jointe à la cupidité. Il semble que lorsque les hommes ferment leur intelligence à Dieu (v. 18), ils n’arrivent plus à distinguer ce qui est bien de ce qui est mal (Ils ont perdu tout sens moral) et sombrent rapidement dans le désordre (ils se sont livrés au dérèglement, pour commettre toute espèce d'impureté jointe à la cupidité). Nous retrouvons le même type de logique dans la lettre de Paul aux Romains au chapitre 1. Le dérèglement (désordre), l’immoralité et la cupidité ne conduisent pas à la liberté comme plusieurs le prétendent, mais génèrent des appétits égocentriques démesurés qui emprisonnent l’individu dans un monde d’insatisfaction et de solitude. Tout ce temps, celui-ci ne se développe pas et ne contribue en rien à l'avènement d’un monde meilleur et plus équitable. La perte de sens moral est facilement observable dans le contexte de notre société moderne. Les parents qui auraient vu , il y a quelques années, comme un échec d'avoir des relations sexuelles hors mariage, encouragent aujourd'hui leurs enfants à être actifs sexuellement dès leur jeune âge. Combien de profiteurs se sont servi de la loi des faillites de façon frauduleuse pour ne pas rembourser leurs dettes. Les actionnaires des compagnies sont de plus en plus cupides et les travailleurs croulent sous le poids accru de la tâche. On poursuit en justice les pédophiles et les autres prédateurs sexuels, mais on nourrit leurs fantasmes à satiété sur l’internet. On fait la promotion de l’occultisme et des expériences ésotériques dans les écoles publiques, mais gare à celui qui ose parler de Jésus.

Bref, la conduite des croyants doit se démarquer de celle des non croyants qui se laissent conduire par la vanité de leur intelligence, qui sont aveugles et indifférents sur le plan spirituel et qui finissent par perdre tout discernement sur le plan moral.

Mais quel est le fondement de tout renouveau et de de tout changement dans la vie chrétienne? Notre relation avec Jésus-Christ, bien sûr. C’est ce que l’apôtre Paul souligne dans les versets 20 à 22. Il mentionne les trois facettes de notre relation avec Jésus-Christ: 20 Mais vous, ce n'est pas ainsi que vous avez appris Christ, 21  si du moins vous l'avez entendu, et si, conformément à la vérité qui est en Jésus, c'est en lui que vous avez été instruits à vous dépouiller, 22  par rapport à votre vie passée, du vieil homme qui se corrompt par les convoitises trompeuses,

La première de ces facettes est de vouloir entendre parler de Jésus pour apprendre à le connaître et à lui faire confiance: 20 Mais vous, ce n'est pas ainsi que vous avez appris Christ. La deuxième facette est d’apprendre dans la prière et la méditation à écouter Jésus lui-même qui nous parle: 21  si du moins vous l'avez entendu (Jean 10.27; Apo 3.20). La troisième facette est de nous laisser instruire par Jésus (Matthieu 11:28-30) et de grandir dans sa vérité et sa sagesse afin de ne plus être trompés par nos désirs: et si, conformément à la vérité qui est en Jésus, c'est en lui que vous avez été instruits à vous dépouiller, 22  par rapport à votre vie passée, du vieil homme qui se corrompt par les convoitises trompeuses. Le bonheur ne s’obtient pas par la satisfaction de tous nos désirs, mais par une relation profonde avec Jésus-Christ et une vie renouvelée.
 
 

Nous changeons tous avec le temps. Mais changeons-nous
pour le meilleur ou pour le pire? Là est la question!

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