Par Bernard Guy
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Lorsqu'il était sur le
point de mourir, Jésus,
le palais complètement
desséché, s'écria , J'ai soif (Jean 19.28)
Jésus était Dieu. Dieu le Fils mourait sur la croix pour nos péchés. Mais Jésus était aussi parfaitement homme. En tant qu'homme, Jésus éprouvait la faim, la soif et la fatigue tout comme nous pouvons l'éprouver. En tant qu'homme, Jésus souffrait dans son corps comme nous souffrons nous aussi dans nos corps. Et non seulement Jésus éprouvait-il la faim, la soif et la fatigue, mais il ne sentait aucune gêne à le dire. D'ailleurs, en s'écriant qu'il avait soif, Jésus accomplissait une Parole de l'Écriture dans les Psaumes d'après laquelle il devait en être ainsi (Psaume 69.21). Qui aurait dit que celui qui se présentait aux hommes comme étant une source d'eau vive souffrirait un jour de la soif.
Parce que Jésus en tant qu'homme a souffert de
la faim, de la soif, de la solitude et de bien d'autres choses, il nous
comprend et peut nous assister, nous consoler et nous réconforter
dans nos moments de souffrance (Hébreux 2.18 et 4.14-16).
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Trois des Évangiles mentionnent que Jésus a poussé un grand cri avant d'expirer, mais seul Jean nous rapporte ce que Jésus a dit alors.
Généralement, un crucifié sur le point de mourir n'avait pas la force de pousser de cris, mais rendait l'âme en gémissant. Jésus, lui, a poussé un grand cri. Et le cri de Jésus n'était pas un cri d'agonie, mais un cri de victoire. Jésus venait de remporter la plus grande victoire qui soit.
Par sa vie de parfaite obéissance et mort sur la
croix, Jésus venait d'ouvrir les portes du ciel aux hommes.
En le faisant, Jésus avait renversé la
puissance de son adversaire le diable. Désormais des hommes et des
femmes pourraient être transférés du royaume ténébreux
de Satan dans le royaume de Dieu. Paul exprime cette pensée dans
sa lettre aux Colossiens (Col 2.15).
Par sa mort sur la croix, Jésus avait aussi renversé le mur qui nous séparait de Dieu et nous privait de sa puissance libératrice. Ce mur étant renversé, nous vivons en communion avec Jésus et celui-ci nous libère de jour en jour de la puissance destructrice du péché (Rom 6.6).
Jésus avait persévéré et accompli
tout ce que le Père lui avait demandé de faire. Qu'en est-il
de nous ? Pourrons-nous dire à la fin de notre courte vie, Seigneur,
tout ce que tu désirais que je fasse est accompli? Pourrons-nous
dire comme l'apôtre Paul a pu le dire, j'ai combattu le bon combat,
j'ai achevé la course, j'ai gardé la foi (2 Tim 4.7)
?
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Au moment de rendre l'âme,
Jésus a de nouveau ouvert la bouche et s'est écrié
d'une voix forte: Père, je remets mon esprit entre tes mains.
(Luc
23.46)
Ces dernières paroles de Jésus correspondaient à la prière que les mères juives enseignaient à leurs enfants de dire avant de s'endormir. Cette prière de Jésus est une expression de sa confiance totale en Dieu. Elle provient d'un psaume dans lequel David remet son sort au Seigneur Dieu avec une pleine confiance qu'il agira en sa faveur (Psaume 31.1-6).
Jésus en mourant, se jette dans les bras de son Père car il sait que son père a préparé des choses merveilleuses pour lui. Jésus savait qu'après avoir souffert, le Père le ressusciterait des morts et l'élèverait au-delà de toute mesure. Lorsque Jésus mentionnait ses souffrances aux disciples, il leur mentionnait toujours aussi de quelle gloire elles seraient suivies.
Jésus savait que le Père le ressusciterait des morts (Matt 16.21; 17.9; 17.23; 20.19; 26.32).Jésus savait aussi que Dieu lui rendrait sa gloire Matt 16.27; 19.28; 24.30; 25.31).
C'est d'ailleurs cette espérance de la gloire
à venir qui a donné à Jésus la force de souffrir
et d'aller jusqu'au bout (Héb 12.1-2). Jésus savait que Dieu
le comblerait au-delà de toute mesure et c'est avec une parfaite
confiance qu'il s'en remettait totalement à lui. Qu'en est-il de
nous ? Nous en remettons-nous à Dieu avec confiance ? Lorsque tout
semble noir ? Lorsque nous souffrons pour Dieu ? Lorsque nous sommes
éprouvés d'une manière ou d'une autre ? Lorsque nous
luttons contre le péché et devenons fatigués de lutter
? Nous devons nous rappeler, particulièrement durant ces moments
difficiles, que le meilleur est à venir (1 Cor 15.19). Un de nos
plus grands problèmes en tant que croyants est d'avoir trop d'attentes
et de désirs par rapport à la vie présente. Comme
il a ressuscité Jésus, Dieu nous ressuscitera aussi un jour
et nous fera vivre des expériences merveilleuses avec lui (Rom 8.11;
1 Cor 6.14; 2 Cor 4.14).