(Philippiens 1.21-30)
par Bernard Guy
Introduction
Sans persévérance, nous n'accomplissons pas d'oeuvre valable pour le Seigneur. Les Écritures insistent sur l'importance de persévérer. Le Seigneur loue les croyants d'Éphèse pour leur persévérance : Je connais tes oeuvres, ton travail et ta persévérance... tu as de la persévérance, tu as souffert pour mon nom... (Apocalypse 2.2-3). Il loue aussi les croyants de Philadelphie en disant : Puisque tu as gardé mon ordre d'être persévérant, moi aussi je te garderai au temps du malheur... (Apocalypse 3.10, La Bible en français courant). S'adressant à ses disciples, Jésus dit : Vous êtes ceux qui avez persévéré avec moi dans mes épreuves ; c'est pourquoi je dispose du royaume en votre faveur... (Luc 22.28-29).
Les Écritures soulignent aussi que sans persévérance,
nous nous privons de grandes bénédictions. Si nous ne persévérons
pas dans la prière, nous nous privons d'exaucements (Luc 18.1-8
; Actes 1.14 et 2.1-4 ; Colossiens 4.2-4). Si nous ne persévérons
pas dans l'obéissance à la Parole, nous nous privons de bonheur
et de liberté (Jacques 1.25). Si nous ne persévérons
pas dans l'amour fraternel, nous devenons vite égoïste et nous
finissons par en souffrir (Hébreux 13.1-3 et Ecclésiaste
4.7-8). Si nous ne persévérons pas dans les épreuves,
nous ne développons pas d'endurance et Dieu ne peut pas poursuivre
son oeuvre de transformation dans notre vie (Jacques 1.2-4).
Aperçu
Voici trois clés
de la persévérance.
1. Une première clé de la persévérance
est de ne pas nous laisser diriger par nos émotions (Phil 1.21-26).
2. Une deuxième clé de la persévérance
est de resserrer les liens entre croyants (Phil 1.27-28).
3. Une troisième clé de la persévérance
est de comprendre que souffrir pour Jésus-Christ et pour
l'Évangile est un privilège que Dieu nous accorde (Phil 1.29-30).
1. Une première clé de la persévérance est de ne pas nous laisser diriger par nos émotions (Philippiens 1.21-26).
Malgré son tiraillement intérieur, l'apôtre Paul a résolu, avec l'aide du Seigneur, de ne pas se laisser diriger par ses émotions. Il confie à ses amis Philippiens qu'il vit un dilemme (v. 21-24). Il arrivait à Paul, comme il arrive à chacun de nous, d'être tiraillé, déchiré entre ce qu'il aurait voulu faire et ce qu'il devait faire. Paul aurait aimé laisser son oeuvre de côté, plier bagages et rejoindre le Seigneur Jésus, ce qu'il considérait être un grand avantage (Philippiens 1.21, 23).
Paul exprime sincèrement son tiraillement intérieur à ses amis Philippiens (v. 21-24) :
Mais Paul savait que, malgré tout cela, il devait persévérer à cause de son oeuvre et il était déchiré entre ses émotions et son sens du devoir. Après avoir exprimé son tiraillement intérieur, Paul exprime sa conviction que Dieu l'appelait à persévérer, à continuer son oeuvre (v. 25-26). Le fait que Paul déclare au v. 25 : Et je suis persuadé et je sais... nous permet de penser qu'il avait confié son tiraillement au Seigneur et que celui-ci avait éclairé son coeur.
Vous arrive-t-il de vous sentir découragé et d'éprouver un manque complet de motivation ? À quoi vos moments de découragement sont-ils dus le plus souvent ?
David est l'exemple par excellence d'un homme qui exprimait
ses sentiments à Dieu, mais ne les laissait pas diriger sa vie (Psaumes
6, 13 et 38).
Lorsque vous êtes découragé ou démotivé
par une situation difficile, qu'avez-vous le réflexe de faire ?
Avez-vous l'habitude de confier votre désarroi
à quelqu'un de votre entourage ? Vous sentez-vous à l'aise
d'exprimer vos sentiments à Dieu ? Le faites-vous ? La prochaine
fois que vous aurez l'envie de tout lâcher : travail, vie de couple,
vie de famille, vie d'église, combat contre tel péché,
exprimez votre tiraillement intérieur au Seigneur et demandez-lui
de faire la lumière dans votre coeur. Confiez-vous aussi à
un ami proche.
2. Une deuxième clé de la persévérance est de resserrer les liens entre croyants (Philippiens 1.27-28).
Paul exhorte les Philippiens à tenir ferme malgré les pressions subies à cause de l'Évangile en resserrant les liens qui les unissent les uns aux autres. On ne sait pas exactement à quelles pressions les Philippiens étaient soumis ni qui étaient les adversaires mentionnés au v. 28. Toutefois, l'enjeu était clair : ou ils continuaient à défendre l'Évangile et à vivre selon ses exigences ou ils le mettaient de côté pour être soulagés des pressions. L'idée de resserrer les liens entre croyants pour pouvoir persévérer et résister est clairement exprimée au verset 27b : ... que vous demeurez fermes dans un même esprit, combattant ensemble (langage militaire) d'une même âme pour la foi de l'Évangile.
Paul souligne, au verset 28, que persévérer de la sorte constitue un témoignage puissant pour les incroyants. Une traduction plus exacte du v. 28 serait : Ce qui est pour eux à la fois la preuve qu'ils sont perdus et la preuve que vous êtes sauvés.
Persévérer seul dans la vie chrétienne
est difficile. Qu'en pensez-vous ? Lutter seul contre le péché
est très difficile... Persévérer seul dans l'amour
que nous devons donner, surtout à des gens peu aimables, est aussi
très difficile... Nous savons qu'un croyant isolé a mille
fois moins de chances de continuer à se conduire dignement selon
l'Évangile qu'un croyant bien entouré. Pourquoi affrontez-vous
souvent les difficultés et les obstacles reliés à
votre marche chrétienne en combattant solitaire ? Comment pouvez-vous
concrètement resserrer les liens avec les frères et soeurs
dans l'église ?
3. Une troisième clé de la persévérance est de comprendre que souffrir pour Jésus-Christ et pour l'Évangile est un privilège que Dieu nous accorde (Philippiens 1.29-30).
Chez les Romains, la souffrance n'était pas perçue comme une grâce, mais plutôt comme un châtiment des dieux. L'apôtre Paul, lui, rappelle aux Philippiens que souffrir pour Jésus-Christ est une faveur en raison des grandes bénédictions promises dans les Écritures à ceux qui acceptent de souffrir pour lui (Matthieu 5.10-12 ; Romains 8.17-18 ; 1 Pierre 4.13-14).
Comment réagissez-vous lorsque Dieu permet que vous traversiez des moments de souffrance ? Voyez-vous le fait de souffrir pour Jésus-Christ comme un privilège ?