VIVRE EN HARMONIE AVEC LES AUTRES

(Philippiens 1.1-2)
 

par Bernard Guy

Introduction

Plus que tout, Dieu désire voir ses enfants vivre en harmonie les uns avec les autres. Il déteste la discorde, les paroles méchantes et les mesquineries.

Tout juste avant de quitter le monde, Jésus intercède avec insistance auprès du Père pour que se développe une unité profonde et véritable entre ses disciples (Jean 17.20-23).

Comment arriver à vivre unis ? Aujourd'hui, si peu de croyants semblent y parvenir ! Les nombreux divorces entre chrétiens, les disputes dans les églises locales et les prises de bec entre croyants sur des points secondaires de doctrine nous amènent à croire qu'il est pratiquement impossible de vivre harmonieusement les uns avec les autres.

Mais nous devons repousser cette pensée défaitiste. Si l'unité entre croyants avait été une pure utopie, ni Jésus ni Paul n'auraient tant travaillé à la promouvoir. Dès l'introduction de sa lettre, Paul fait allusion aux principes à respecter pour vivre en harmonie avec les autres.
 

Aperçu
Voici cinq principes à observer pour vivre en harmonie avec les autres.

1.  Toujours agir avec un esprit de serviteur, même lorsque nous sommes dirigeant (Philippiens 1.1a).
2.  Nous considérer comme un esclave de Jésus-Christ et agir comme tel (Philippiens 1.1a).
3.  Voir les autres croyants comme Dieu les voit (Philippiens 1.1b).
4.  Reconnaître l'autorité des autres et être prêt à nous y soumettre (Philippiens 1.1c).
5.  Reconnaître en Dieu la source ultime de toute bénédiction (Philippiens 1.2).
 

1.  Toujours agir avec un esprit de serviteur, même lorsque nous sommes dirigeant (Philippiens 1.1a).

Paul a projeté d'envoyer Timothée comme son représentant auprès des Philippiens avec, entre autres, la mission délicate de les aider à régler leur problème de désunion (Philippiens 2.19-24).

Dans l'introduction de sa lettre, deux points en particulier montrent à quel point Paul fait tout pour préparer la délicate visite de Timothée chez les Philippiens. Premièrement, dans l'adresse, il mentionne le nom de son compagnon avec le sien (Paul et Timothée... à tous les saints... Philippiens 1.1a).  Timothée a-t-il participé à la rédaction de la lettre ? Il semble que non, puisque dès le verset 3 du chapitre 1, Paul s'adresse aux Philippiens à la première personne du singulier. De plus, il fait référence à Timothée au chapitre 2, versets 19 à 24, à la troisième personne. Pourquoi alors mentionne-t-il le nom de ce dernier avec le sien ? Sans doute parce qu'il veut que Timothée soit vu par les Philippiens comme un de ses proches collaborateurs, comme son homme de confiance. Les Philippiens ont une grande confiance en l'apôtre, mais ils ne perçoivent pas nécessairement chez Timothée les qualités d'un homme de grand calibre. Paul prend donc soin de le leur présenter comme son bras droit afin de faciliter le travail qu'il accomplirait auprès d'eux.

Deuxièmement, Paul présente Timothée comme un égal en partageant un de ses titres avec lui, ce qu'il ne fait dans aucune autre lettre, ni avec Timothée ni avec ses autres compagnons d'oeuvre (Paul et Timothée, serviteurs de Jésus-Christ, Philippiens 1.1 ; comparez avec Colossiens 1.1, Philémon 1.1 et 1 Corinthiens 1.1).

Comment agissons-nous envers les gens à qui nous confions des tâches et des responsabilités ? Avons-nous le souci de les encourager et de faciliter leur travail ? Comment agissons-nous envers notre conjoint et nos enfants (ou vos petits frères et petites soeurs si nous n'avons pas de conjoint et d'enfants)? En serviteur ou en dirigeant?
 

2.  Nous considérer comme un  esclave de Jésus-Christ et agir comme tel (Philippiens 1.1a).

L'apôtre Paul et Timothée se présentent aux Philippiens comme serviteurs de Jésus-Christ. Le mot serviteur a ici le sens grec d'esclave. L'esclave, dans le contexte gréco-romain, appartenait à son maître. Il n'avait aucun droit en tant qu'individu et dépendait entièrement de la volonté de ce dernier.

Dans la plupart de ses lettres, Paul se présente comme apôtre de Jésus-Christ. Dans ses lettres aux Romains et à Tite, il se présente à la fois comme esclave et apôtre, mais ne se présente uniquement comme esclave que dans sa lettre aux Philippiens.

En se présentant lui-même aux Philippiens comme esclave et en présentant Jésus (chapitre 2, verset 7) ayant pris la condition d'esclave, Paul désire faire comprendre aux Philippiens l'importance de ne pas vivre pour soi-même, mais de vivre plutôt pour le Maître et pour les autres. La désunion dans l'église de Philippes provenait du fait que certains chrétiens cherchaient à défendre leurs intérêts personnels plutôt que de servir Jésus-Christ et les autres (Philippiens 2.3).

Nous voir comme des serviteurs de Jésus-Christ, c'est reconnaître la seigneurie de Jésus dans l'église. Si Jésus n'est pas reconnu comme Seigneur et Maître dans l'église, nous sommes susceptibles de nous bousculer, d'imposer nos points de vue et nos caprices aux autres et de nous faire du mal.

Nous nous joignons généralement à un groupe de croyants pour combler différents besoins, tels nos besoins de communion fraternelle et d'enseignement. Cela est tout à fait légitime. Mais il faut aussi nous demander ce que nous pouvons apporter aux autres en tant qu'esclave de Jésus-Christ. Servez-vous activement le groupe de croyants auquel vous vous êtes joint ?  Comment pourriez-vous le faire, sans détenir nécessairement un poste officiel dans l'église ?

La société actuelle nous incite à nous concentrer sur nos droits et privilèges et nous apprend à les défendre. Devenir esclave de Jésus consiste, jusqu'à un certain point, à désapprendre cela, c'est-à-dire renoncer souvent à nos droits et privilèges au profit des autres. Les Philippiens étaient des chrétiens mûrs à bien des égards, mais ils avaient oublié ou ne comprenaient pas, à cause de leur milieu social, ce principe élémentaire de vie chrétienne. Certes, ils avaient des droits et privilèges en tant que citoyens d'une colonie romaine, mais ils devaient comprendre que Jésus avait tous les droits en tant que Seigneur de leur vie.
 

3.  Voir les autres croyants comme Dieu les voit (Philippiens 1.1b).

Un autre principe à observer pour vivre en harmonie avec les autres est de les voir comme Dieu lui-même les voit. Paul voit les chrétiens à qui il écrit ses lettres comme des saints en Jésus-Christ (Philippiens 1.1 ; Philippiens 4.21 ; 2 Corinthiens 1.1 ; Éphésiens 1.1 ; Colossiens 1.2). Le mot saint, utilisé par Paul dans l'introduction de ses lettres, n'a pas le sens de parfait, mais de mis à part pour Dieu, de rendu précieux aux yeux de Dieu par le sang de Jésus.

Notre tendance naturelle est de juger les gens autour de nous selon leurs défauts et leurs manquements ou encore, d'évaluer leur valeur en fonction de leur niveau d'éducation, de leur richesse et de leur position sociale. Les Philippiens avaient aussi la tendance à juger de la valeur des autres selon des critères purement humains, entraînant ainsi la désunion dans l'église (Philippiens 2.3). Par son exemple, Paul leur enseigne à voir tous les croyants comme des saints en Jésus-Christ, comme des hommes et des femmes choisis par Dieu, mis à part par lui et devenus précieux à ses yeux. Lorsque nous voyons nos frères et soeurs en Jésus-Christ de la sorte, notre attitude envers eux change totalement. Nous ne pouvons avoir pour eux que respect et considération.

Comment voyez-vous les croyants autour de vous ? Considérer les croyants selon leur identité en Jésus-Christ et non selon leurs défauts ou leur manque de culture ou de richesse changerait-il votre attitude et votre comportement envers eux ? Comment pouvez-vous y arriver concrètement ?

Voir nos frères et nos soeurs dans l'église comme Dieu les voit, c'est reconnaître et apprécier l'oeuvre de salut que le Seigneur Jésus a accomplie et continue d'accomplir en eux.
 

4.  Reconnaître l'autorité des autres et être prêt à nous y soumettre (Philippiens 1.1c).

Dans l'adresse de sa lettre aux Philippiens, pourquoi Paul mentionne-t-il les évêques et les diacres, ce qu'il ne fait nulle part ailleurs dans ses autres lettres ? D'après certains auteurs, Paul aurait voulu souligner qu'ils étaient les instigateurs de la collecte en sa faveur. Mais cela est peu probable étant donné que celui-ci ne fait aucune mention d'eux à la fin de la lettre où il remercie les Philippiens pour leur générosité. Paul salue sans doute les responsables de l'église de Philippes pour marquer publiquement sa reconnaissance de leur autorité et s'assurer que les exhortations plutôt sévères qui suivent seront bien reçues.

Nous savons que la désunion parmi les Philippiens provenait en partie de leur difficulté à se soumettre les uns aux autres. Il est tout à fait légitime de penser qu'ils avaient aussi de la difficulté à se soumettre aux responsables de l'église. En mentionnant ceux-ci au début de sa lettre, Paul tente de renforcer leur autorité aux yeux des Philippiens.

Reconnaissez-vous et respectez-vous les personnes exerçant l'autorité sur vous ? Comment expliquez-vous la difficulté de beaucoup de gens, dans la société actuelle, à reconnaître l'autorité ? Comment réagissez-vous lorsqu'une personne ayant l'autorité sur vous (un parent, un professeur, un policier ou un responsable dans l'église) vous reprend ? Pourquoi ?
 

5.  Reconnaître en Dieu la source ultime de toute bénédiction.

L'expression la grâce et la paix (Philippiens 1.2) exprime tout le bonheur d'être en communion avec Dieu.
Le mot grâce   était utilisé comme un souhait de bonheur au début de toute lettre écrite en grec. Il signifiait  joie, plaisir, beauté, éclat. Dans le contexte du salut en Jésus, le sens du mot s'est enrichi pour exprimer aussi la notion de faveur imméritée de la part de Dieu.

Pourquoi Paul souhaite-il aux Philippiens de recevoir la grâce, sachant qu'ils ont déjà expérimenté la grâce et la paix de Dieu au moment de leur conversion ? (Éphésiens 2.8 ; Colossiens 2.13) De même que le salut nous est donné par grâce (faveur imméritée), la puissance nécessaire pour vivre la vie chrétienne nous est aussi donnée par grâce.

Le mot  paix se retrouve couramment dans la littérature juive. Il ne signifie pas absence de conflits et de troubles, mais il exprime une abondance de bénédictions. Il est vrai que nous avons expérimenté la paix de Dieu au moment de notre conversion, mais il nous reste encore, comme croyant, à expérimenter la paix de Dieu qui surpasse toute intelligence (Philippiens 4.6-7).

Reconnaître Dieu comme source de toute bénédiction, c'est reconnaître que lui seul a la capacité de bénir et de soutenir les autres. Nous ne sommes pas indispensable. Nous ne sommes pas la source de bénédictions, mais nous avons la responsabilité de diriger les autres vers la vraie source.
 

En haut

  Référ.