BIEN
PLANIFIER LE TRAVAIL
Néhémie,
chapitre 2
par Bernard Guy
A. Néhémie était un grand homme
de Dieu. Qu'est-ce que les v. 1 à 5 nous révèlent
sur son attitude et son caractère ?
-
Néhémie, homme rempli d'Esprit saint et de
la joie de Dieu : « Jamais je n'avais paru triste en sa présence»
(v. 1).
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Néhémie, homme intègre : En laissant
transparaître sa tristesse devant le roi, Néhémie courait
de gros risques. En effet, tous devaient toujours être à leur
meilleur devant le roi sous peine de châtiment grave - v. 2. Il aurait
pu faire semblant que tout allait bien, mais sans se soucier de sa sécurité
personnelle, il choisit plutôt d'exposer le fardeau de son coeur
au roi. Lorsque celui-ci l'interroge, il ne se met pas sur la défensive
et ne nie pas la réalité de son état intérieur,
mais répond par une question expliquant le pourquoi de sa tristesse.
-
Néhémie, homme respectueux : « Que le
roi vive éternellement ! »(v. 3) ; «Si le roi le trouve
bon» (v. 5).
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Néhémie, homme de tact : « la ville où
sont les sépulcres de mes pères est détruite »
(v. 3). Néhémie évite soigneusement de mentionner
le nom de sa ville. Jérusalem avait la réputation d'être
une ville rebelle (Esdras 4.6-16). À cause de cela, le roi avait
interdit la reconstruction de ses murailles. Il désigne plutôt
sa ville comme le lieu où se trouvaient les tombeaux de ses ancêtres.
On vouait beaucoup de respect aux ancêtres dans tout le Proche-Orient.
La profanation des tombeaux était un crime grave.
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Néhémie, homme dépendant de Dieu : «
Et le roi me dit : Que demandes-tu ? Je priai le Dieu des cieux (v.
4).
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Néhémie, homme de grande qualité : «
Si ton serviteur lui est agréable » (v. 5).
B. Les v. 6 à 20 nous montrent que Néhémie
était un homme très bien organisé.
1. Le verset 6 nous parle de planification. Néhémie
avait déjà prévu approximativement combien de temps
il lui faudrait pour rebâtir la muraille : « Je lui fixai un
temps ».
2. Les v. 7-10, nous parlent de ressources. Que Néhémie
fait-il au juste ? Que devrions-nous faire avant de commencer un projet
?
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Néhémie s'assure d'avoir un mandat officiel
signé de la main du roi avant de partir (v. 7). Ce mandat lui serait
indispensable à cause de l'hostilité des gouverneurs des
provinces envers les Juifs. Comment expliquer que le roi accepte de le
laisser aller et de se passer de ses services ? Deux ans auparavant, la
Syrie s'était révoltée contre Artaxerxès. La
révolte avait été matée, mais pour éviter
que la Syrie ne pense à se révolter de nouveau et qu'elle
fasse alliance avec l'Égypte pour le faire, la présence de
Néhémie à Jérusalem serait un atout de taille.
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Néhémie s'assure d'avoir accès aux matériaux
de construction nécessaires pour (1) les portes de la citadelle,
(2) la muraille de la ville et (3) sa propre maison (v. 8). Néhémie
connaissait même le nom du garde forestier.
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Dès le début, Néhémie dut faire
face à l'opposition de Sanballat et de Tobija. Sanballat était
le gouverneur de la province de Samarie. Il était appelé
le Horonite car il descendait probablement d'une famille originaire de
l'une des Beth Horon (maison du dieu Horon - Jos 16.5). Tobija l'ammonite
était son associé (Deut 23.4). Un groupe de gens de diverses
provenances étaient venus s'installer en Samarie après la
conquête assyrienne (2 Rois 17.24, 29-31).
3. Les v. 11 à 16 nous parlent de stratégies.
Néhémie fait deux choses en particulier. Quelles sont ces
choses ? Que pouvons-nous apprendre de sa façon d'agir ?
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Le voyage de Suse à Jérusalem prenait deux
mois. Une fois à Jérusalem, Il fait le tour de la ville en
décombres pour constater l'étendue des dégâts
et pour bien planifier le travail de reconstruction. Notez les expressions
: « considérant les murailles en ruines » (v. 13), «
réfléchissant à ses portes consumées par le
feu » (v. 13), « je considérai encore la muraille »
(v. 15).
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Il ne fait part de ses intentions à personne avant
de s'assurer lui-même de la « faisabilité » du
projet et de son envergure (v. 12, 16).
4. Néhémie exhorte le peuple à se lever
pour rebâtir la muraille de Jérusalem (v. 17-20). Comment
s'y prend-il pour faire cela ? Que pouvons-nous apprendre de sa manière
d'agir ?
a) (v. 17) :
Il leur communique une vision en mentionnant :
(1) l'état lamentable des choses.
(2) ce que les choses pourraient être.
(3) qu'il prenait la situation à coeur et qu'il
rebâtirait lui-même avec eux : notez l'utilisation du «
nous ».
b) (v. 18-20) :
-
Il les invite à se fortifier en Dieu : « Je
leur racontai comment la bonne main de mon Dieu avait été
sur moi... » (v. 18) et « Le Dieu des cieux nous donnera le
succès » (v. 20).
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Pendant quatre-vingt-dix ans, le peuple voyait la reconstruction
des murs comme une chose impossible. Mais voilà qu'après
le discours de Néhémie, ils étaient prêts à
se mettre à l'oeuvre et à commencer le travail.
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Un troisième adversaire du nom de Gueschem l'Arabe
est mentionné au v. 19. Gueschem était un puissant émir
qui avait depuis peu regroupé les Arabes en une vaste confédération
dont les armées bédouines dominaient les territoires situés
à l'est et au sud de la mer morte. L'opposition de Sanballat, de
Tobija et de Guéschem prit la forme de moqueries, de paroles méprisantes
et de tentatives d'intimidation (fausses allégations de révolte
contre le roi). Néhémie répond à cette première
attaque en soulignant que (1) Dieu leur donnerait du succès,
(2) que la réalisation du projet était assurée et
(3) que ces derniers n'auraient aucune part dans cette entreprise.
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Le moral des troupes est toujours plus vulnérable
au début d'un grand projet que lorsque le projet est à moitié
achevé. C'est pourquoi Néhémie repousse avec vigueur
cette première attaque.
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