LES GENS QUE DIEU CHOISIT
À SON SERVICE

Luc 1.26-45

par Bernard Guy



Introduction

Dieu a de l'emploi pour tous, mais il sélectionne son personnel selon certains critères particuliers. Ces critères sont élevés, mais ne correspondent pas forcément aux nôtres. Dieu choisit des gens selon son coeur pour accomplir son oeuvre.

Lorsqu'un employeur cherche quelqu'un pour accomplir un certain travail, il se préoccupe avant tout des compétences de la personne dont il examine la candidature. Il n'attache pas une grande importance à sa vie privée. Il ne le peut même pas en vertu de la Charte des droits et libertés. Il n'est pas rare d'entendre un employeur dire : « Ce que vous faites dans le privé, c'est votre affaire. La seule chose que nous vous demandons est de faire votre travail avec soin. » Plusieurs ne semblent pas comprendre que la vie privée influe sur la qualité du travail. Une vie privée en complet désordre affecte nécessairement la qualité du travail et des relations interpersonnelles.

Dieu se préoccupe aussi des compétences de ses ouvriers, mais beaucoup moins que nous. Il s'intéresse surtout au caractère et à la vie privée de ses ouvriers. Lorsque Dieu cherche un croyant ou une croyante pour accomplir une oeuvre d'importance, il s'attarde avant tout à la vie personnelle de l'individu : sa vie spirituelle, ses relations avec ses proches, ses attitudes, sa vie morale, etc.
 

1. Dieu choisit à son service des gens ordinaires (v. 26-27).

26  Au sixième mois, l'ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée, appelée Nazareth,  27  auprès d'une vierge fiancée à un homme de la maison de David, nommé Joseph. Le nom de la vierge était Marie.
Marie et Joseph habitaient un village de peu d'importance. Luc précise au v. 26 que Nazareth était une ville de Galilée parce que ses lecteurs en dehors de la Palestine n'en avaient probablement jamais entendu parler. De plus, on ne trouve aucune mention de Nazareth dans l'Ancien Testament, ni dans les livres apocryphes, ni dans les écrits de l'historien juif Joseph. Nazareth était un village éloigné des grandes routes et situé à environ 140 km de Jérusalem. Les Juifs de la ville méprisaient Nazareth (cf. Jean 1.45-46).

Marie et Joseph étaient eux-mêmes des gens ordinaires. On ne sait pratiquement rien de Marie, de sa famille et de ses antécédents. Luc la décrit comme une vierge et cela n'avait rien d'exceptionnel à cette époque-là puisqu'il y avait des milliers de jeunes filles vierges en Israël. Et des jeunes filles appelées Marie, il y en avait aussi un bon nombre. On ne sait pratiquement rien de Joseph, sinon qu'il était de la descendance de David et qu'il exerçait le métier de charpentier. Mais des Joseph, il y en avait aussi des milliers en Palestine.

C'est à des gens ordinaires, de peu d'importance, que Dieu envoie l'ange Gabriel, un de ses plus illustres messagers. Nous savons, par les Écritures, que Dieu a à son service des dizaines de milliers d'anges. Jésus parle dans Matthieu 26.52 de plus de 12 légions. Une légion romaine comptait de 3 000 à 6 000 soldats. Douze légions d'anges représentaient donc de 36 000 à 72 000 anges. Apocalypse 5.11 fait aussi référence à des myriades d'anges, c'est-à-dire à des groupes de plus de 10 000 anges. Mais de tous ces milliers d'anges, seulement deux, dans les Écritures, sont identifiés par leur nom. Il s'agit de l'archange Michael et de l'ange Gabriel.

Le nom Gabriel signifie « Dieu est puissant ». Cet ange puissant est mentionné quatre fois dans les Écritures : deux fois dans Daniel (Da. 8.15-27 et 9.21-27) et deux fois dans Luc (Luc 1.19 et 1.26). Dans Luc 1.19, il s'identifie lui-même de façon très solennelle. D'un point de vue purement humain, l'ange Gabriel ne cadrait pas dans le décor : un village de peu d'importance, un homme et une jeune femme de peu d'importance et Gabriel, un des anges les plus illustres et les plus puissants de Dieu. Mais Dieu choisit des gens ordinaires pour accomplir des choses extraordinaires.

Si vous êtes quelqu'un d'ordinaire, de peu d'importance, vous êtes mieux placé que n'importe qui d'autre pour être grandement utilisé par Dieu. Billy Graham aura certainement été le plus grand évangéliste de tous les temps - qu'on soit d'accord ou non avec tout ce qu'il dit ou fait. Des dizaines de milliers d'hommes et de femmes ont fait profession durant ses campagnes. Pourtant, lorsque Dieu l'a choisi, il n'était qu'un simple garçon de seize ans vivant sur une ferme en Caroline du Nord. Le roi David n'était qu'un simple berger, Gédéon, un simple cultivateur (Jg. 6.11), William Carey (que l'on considère comme le père des missions modernes), un simple apprenti cordonnier, etc.

Et vous, qui êtes-vous? Un étudiant ordinaire? Un travailleur ordinaire? Une mère de famille ordinaire?
 
 

2. Dieu choisit à son service des gens humbles et sans prétention pour accomplir de grandes choses (v. 28-29).
 

28  L'ange entra chez elle, et dit : Je te salue, toi à qui une grâce a été faite; le Seigneur est avec toi. 29 Troublée par cette parole, Marie se demandait ce que pouvait signifier une telle salutation.
L'ange Gabriel annonce à Marie qu'elle avait obtenu la faveur de Dieu et que la puissance du Seigneur lui était accordée pour accomplir une grande tâche.

L'ange lui annonce d'abord qu'elle avait trouvé grâce devant Dieu (v. 28a), c'est-à-dire que Dieu l'avait choisie, par grâce, pour accomplir quelque chose de grand. L'ange lui fait ensuite savoir que la puissance de Dieu lui était pleinement accordée pour accomplir cette grande tâche (v. 28b). L'expression Le Seigneur est avec toi signifie : la puissance de Dieu t'accompagne pour accomplir la tâche qu'il te confie. La même assurance, Le Seigneur est avec toi, avait été donnée aux gens dans l'Ancien Testament qui ont fait de grandes choses pour Dieu (Gédéon, juge d'Israël, Juges 6.11-14; David, roi d'Israël, 2 Samuel 7.1-3).

Marie, jeune fille sans prétention, n'arrivait pas à se mettre dans la tête que Dieu l'avait choisie, elle, pour accomplir quoi que ce soit de grand (v. 29). Elle n'était pas, comme Zacharie, troublée tant par l'apparition de l'ange, mais par la nature de ses propos (comp. Luc 1.11-12 et Luc 1.28-29). Elle ne pouvait pas concevoir que l'ange s'adresse à elle comme Dieu s'était adressé aux grands hommes de l'Ancien Testament. Marie était une jeune fille sans prétention, consciente de sa petitesse. C'est pourquoi elle était si surprise que Dieu l'ait choisie pour accomplir ses desseins.

Si vous êtes sans prétention, conscient de votre petitesse devant Dieu et devant les autres, vous êtes plus susceptible que n'importe qui d'autre d'être utilisé par Dieu pour accomplir de grandes choses.
 

3. Dieu choisit à son service des gens prêts à lui faire entièrement confiance (v. 30-37).

30  L'ange lui dit : Ne crains point, Marie; car tu as trouvé grâce devant Dieu.  31  Et voici, tu deviendras enceinte, et tu enfanteras un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus. 32 Il sera grand et sera appelé Fils du Très-Haut, et le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David, son père.  33 Il régnera sur la maison de Jacob éternellement, et son règne n'aura point de fin.  34  Marie dit à l'ange : Comment cela se fera-t-il, puisque je ne connais point d'homme?  35  L'ange lui répondit : Le Saint-Esprit viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te couvrira de son ombre. C'est pourquoi le saint enfant qui naîtra de toi sera appelé Fils de Dieu.  36  Voici, Élisabeth, ta parente, a conçu, elle aussi, un fils en sa vieillesse, et celle qui était appelée stérile est dans son sixième mois.  37  Car rien n'est impossible à Dieu.
L'ange Gabriel rassure Marie en lui disant qu'elle avait trouvé grâce devant Dieu (v. 30). L'ange lui fait ensuite connaître la grande bénédiction que Dieu lui accordait (v. 31-33).

Gabriel annonce d'abord à Marie qu'elle aurait un fils et que Dieu avait lui-même choisi le nom de ce fils (v. 31). Dieu avait choisi pour son Fils le nom de Jésus, un nom très commun en Israël, mais un nom dont le sens, Dieu sauve, décrivait exactement ce qu'il entendait faire par le Fils. Gabriel déclare ensuite à Marie que cet enfant serait en réalité l'Éternel lui-même venant délivrer son peuple (v. 32-33). Il serait grand, beaucoup plus grand que Jean-Baptiste (v. 32a). Il serait appelé Fils du Très-Haut (v. 32b). Cet enfant régnerait sur Israël éternellement, étant le Messie promis par les prophètes dès les temps anciens (v. 32c-33).

Marie ne remet pas en question les choses incroyables que Gabriel vient de lui annoncer, mais désire en savoir davantage (v. 34). Comment pourrait-elle devenir enceinte alors qu'elle n'était pas mariée? À cause de sa foi, Dieu lui fait connaître comment les choses allaient se passer. L'ange lui déclare que son enfant ne viendrait pas de semence d'homme, mais de Dieu lui-même, par le Saint-Esprit (v. 35). De plus, Dieu lui accorde un signe pour fortifier sa foi sans même qu'elle l'ait demandé (v. 36-37). En réalité, Dieu donne trois signes à Marie : (1) la grossesse d'Élisabeth (v. 36-37), (2) l'enfant qui tressaille dans le sein d'Élisabeth (v.  39-41) et (3) le fait qu'Élisabeth prophétise à son sujet et au sujet de la naissance du Seigneur (v. 42-45).
 

4. Dieu choisit à son service des gens prêts à le servir à n'importe quel prix (v. 38).
 

38  Marie dit : Je suis la servante du Seigneur; qu'il me soit fait selon ta parole! Et l'ange la quitta.
Marie était prête à servir le Seigneur Dieu à n'importe quel prix (v. 38). Elle souligne que son but dans la vie était de le servir (v. 38a). Marie exprime ensuite qu'elle acceptait entièrement sa volonté malgré les grands risques que cela comportait. En devenant enceinte avant son mariage, elle savait qu'elle perdrait Joseph (Mt. 1.19-20). Elle savait aussi qu'elle risquait de perdre la vie ou, à tout le moins, sa réputation.

Marie aurait pu être lapidée. Être fiancée était, à ce moment-là, l'équivalent d'être mariée du point de vue légal. Une femme fiancée qui avait des relations sexuelles avec un homme avant son mariage était considérée comme adultère et la loi de Dieu dans l'Ancien Testament prescrivait de lapider de telles femmes (De. 22.22-26). Toutefois, il faut ajouter que lapider une fiancée surprise en délit d'adultère n'était pas fréquent au premier siècle.

Marie aurait pu, toujours selon la loi, être divorcée publiquement, ce qui l'aurait plongée dans la honte, surtout dans un contexte de petit village. La loi permettait aussi au fiancé de divorcer secrètement sa fiancée en présence de deux témoins : ce que Joseph voulait faire pour causer le moins de tort possible à Marie (Mt. 1.19).

Quoi qu'il en soit, Marie avait accepté de tout perdre pour servir le Seigneur.

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