Éphésiens
6.10-17
par Bernard Guy
1. D'après les versets 10 et 11, comment bien se préparer au combat?
En se fortifiant dans le Seigneur et en revêtant
toutes les armes de Dieu. Faire du corps à corps avec un péché
tenace ou compter sur la force de notre volonté pour persévérer
dans une situation de combat spirituel intense est toujours une erreur.
Comme Jésus l'a dit lui-même à ses disciples : l'esprit
est bien disposé, mais la chair est faible (c.-à-d. ne résiste
pas longtemps à la tentation ou à l'épreuve). Il faut
donc nous mettre en tête que nous n'y arriverons que par la puissance
de Dieu (Rom 7.18-19, 24-25; 8.2).
Les stratégies du diable sont décrites
au verset 11 comme des ruses. Une ruse est un procédé habile
pour tromper. Le diable est comparable à un vieux pêcheur
expérimenté. Il ne se laisse pas voir par le poisson et il
sait quel appât employer selon les circonstances et le type de poisson...
2. D'après le verset 12, quelle est l'envergure du combat?
Il ne s'agit pas d'un combat mené principalement
contre des humains, aussi hostiles soient-ils à l'Évangile.
L'expression « la chair et le sang » désigne tout simplement
les autres humains (cf. Gal 1.16). Nos vrais ennemis sont les puissances
spirituelles du mal (Éph 1.21; 2.2). Ces ennemis spirituels sont
(1) bien organisés : « les dominations » et les
« autorités », sont (2) puissants : « les
princes de ce monde de ténèbres », et sont (3) méchants
: « les esprits méchants dans les lieux célestes
».
3. D'après le v. 13, quel est l'enjeu du combat (enjeu : ce que l'on peut gagner ou perdre)?
Résister dans le mauvais jour, c'est-à-dire
lorsque nous sommes sous les feux de l'ennemi. Plusieurs croyants qui ont
négligé de se fortifier dans le Seigneur et de se revêtir
des armes de Dieu ont abandonné la partie lorsque les pressions
de l'ennemi se sont exercées sur eux. Ils ont rejoint les rangs
des décrocheurs. Hormis le fait que l'on retrouve parmi les décrocheurs
des gens qui n'ont jamais vraiment reçu Jésus comme Sauveur
et Seigneur, le nombre des vrais croyants qui ont fait un pas en arrière
est alarmant. En les rassemblant tous, on pourrait sans difficulté
remplir plusieurs cathédrales. Tenir ferme après avoir tout
surmonté signifie continuer d'avancer par la force du Seigneur une
fois sortis de la tempête.
4. D'après les versets 14 à 17, dites à quoi correspond chacune des armes de Dieu. (Consultez différentes versions et un commentaire biblique.)
(Nous avons regroupé les armes spirituelles deux
par deux pour désigner les trois vérités spirituelles
suivantes : (1) la ceinture et la cuirasse : le comportement du croyant,
(2) les chaussures et le bouclier : la relation spirituelle du croyant
avec Dieu et (3) le casque et l'épée : les vérités
de la Parole de Dieu.)
a. La vérité pour ceinture et la cuirasse de la justice (v. 14)
Ces deux premières armes font référence au comportement du chrétien. La ceinture de la vérité ne fait pas référence ici à la Parole de Dieu (cf. v .17), mais à un comportement inspiré par la vérité (És 11.5). La cuirasse de la justice ne fait pas référence à la justification par la foi, mais à un comportement inspiré par la justice (És 59.17). Paul met l'accent dans Éph 4.20-25 et 5.8-9 sur l'importance d'un comportement inspiré par la vérité. Il met aussi l'accent dans Éph 4.26-32 et 5.3-6 sur l'importance d'un comportement juste. Une porte entrouverte au péché dans la vie d'un croyant est comparable à une fissure dans la cuirasse.
Exemple de Judas :
Le point faible de Judas était la cupidité
(Jean 12.1-8). Le diable qui connaissait son point faible lui suggère
de livrer Jésus pour de l'argent (Jean 13.2). En ne repoussant pas
aussitôt cette pensée, Judas ouvre la porte au diable et lui
permet d'exercer sur lui son influence. Sans se rendre compte de la gravité
de son geste et sans se rendre compte non plus que Satan est celui qui
le pousse au mal, Judas passe à l'action. Il va trouver les principaux
sacrificateurs et leur propose de leur livrer Jésus contre de l'argent
(Matthieu 26.14-16). Parce que Judas a ouvert la porte à Satan,
Satan en profite et exerce une emprise de plus en plus grande sur lui (Jean
13.21-30). Judas livre Jésus (Matt 26.47-50). Judas ne se rend compte
qu'après coup de la gravité de son geste (Matt 27.3-5).
Exemple d'Ananias et de Saphira (Actes 5.1-11) :
Le point faible d'Ananias et de Saphira était
l'hypocrisie (c.-à-d. leur désir de vouloir paraître
plus généreux qu'ils ne l'étaient en réalité).
Le diable qui connaissait leur point faible leur suggère de mentir
aux apôtres en leur faisant accroire que l'argent qu'ils avaient
déposé à leurs pieds correspondait au montant total
de la vente de leur propriété (Actes 5.1-2). En ne repoussant
pas aussitôt cette pensée, Ananias et Saphira ouvrent
la porte au diable et lui permettent d'exercer sur eux son influence (Actes
5.3-4). Ananias et Saphira ne se rendent compte qu'après coup de
la gravité de leur geste. (Ac 5.5-11).
Application :
Nous avons tous nos points faibles. Ces points
faibles diffèrent selon nos caractères, personnalités
et expériences du passé. Le diable connaît nos points
faibles et sait les exploiter. Il sait quand, comment et avec quoi nous
tenter. Si, lorsque nous sommes tentés, nous entrouvrons la porte
au péché, il se glisse par la porte et s'empresse de l'ouvrir
toute grande. Il exerce alors son influence sur nous et nous pousse le
plus loin possible dans le péché (1 Cor 5.1). Ce n'est qu'après
coup, lorsque nous avons péché, que nous nous rendons compte
des graves conséquences d'avoir commis le mal. Revêtir la
ceinture de la vérité et la cuirasse de la justice (ne pas
entrouvrir de porte au péché) est la manière la plus
efficace de parer aux assauts du tentateur.
b. Les chaussures (v. 15) et le bouclier de la foi (v. 16)
Les deux armes suivantes, le zèle (litt. la préparation)
que donne l'Évangile de paix et le bouclier de la foi font référence
à notre communion avec le Seigneur (v. 15-16). Mettre pour chaussures
à ses pieds la préparation que donne l'Évangile de
paix est de garder à l'esprit que nous avons maintenant la paix
avec Dieu en Jésus et que rien ni personne ne peuvent nous séparer
de son amour (Rom 8.37-39). Dans le contexte de la bataille, les chaussures
permettaient au soldat d'être stabilisé au sol, de ne pas
glisser ni perdre pied. Le bouclier romain, de forme rectangulaire et long
d'un mètre et demi recouvrait tout le corps et assurait ainsi une
protection complète. Prendre le bouclier de la foi est de se cramponner
au Seigneur et de croire qu'il a l'autorité absolue sur l'ennemi
alors même que les flèches de l'adversaire volent au-dessus
de nos têtes. Ce réflexe de s'attacher au Seigneur dans
le mauvais jour dépend notre degré de foi et d'intimité
avec lui. Se rappeler que le Dieu tout-puissant est de notre côté
et compter sur sa puissance est le moyen sûr de contrer les attaques
de l'ennemi, même les plus grandes. Bref, lorsque le diable frappe
à notre porte, ayons l'heureux réflexe d'envoyer Jésus
répondre.
c. Le casque du salut et l'épée de l'Esprit (v. 17)
Les deux dernières armes, le casque du salut et
l'épée de l'Esprit, font référence aux promesses
de Dieu et aux vérités des Écritures. Le casque du
salut fait référence à la promesse que Dieu nous a
faite d'être un jour délivrés de tout mal et du malin
(1 Thess 5.8). Prendre l'épée de l'Esprit est d'utiliser
les Paroles de l'Écriture que le Saint-Esprit nous ramène
à l'esprit pour contrer les assauts de l'ennemi (Matt 4.3-10).