Étude no 14 / Luc 3.21-4.13
Aperçu
Voici les quatre principaux objectifs du programme de
formation de Dieu :
1. Le premier objectif du programme de formation de Dieu
est de développer en nous un esprit d'humilité (Luc 3.21-22a).
2. Le deuxième objectif du programme de formation
de Dieu est de nous rendre agréables à ses yeux (Luc 3.22b).
3. Le troisième objectif du programme de formation
de Dieu est d'élargir nos coeurs (Luc 3.23-38).
4. Le quatrième objectif du programme de formation
de Dieu est de nous rendre endurants (Luc 4.1-13).
1. Le premier objectif du programme de formation de Dieu est de développer en nous un esprit d'humilité. Jésus agissait avec humilité. Deux choses dans les versets 21 et 22 nous l'indiquent. Identifiez ces deux choses.
D'abord, Jésus se fait baptiser par Jean. Le baptême de Jean était un baptême de repentance (Luc 3.3). Les gens du peuple avaient sérieusement besoin de se repentir, de revenir à Dieu. Mais Jésus, lui, n'avait nullement besoin de se repentir de quoi que ce soit (Mt. 3.13-14). Pourquoi donc vient-il vers Jean pour se faire baptiser? (question qui a amené plusieurs théologiens à se gratter la tête!) Jésus se fait baptiser par Jean pour communiquer à tous qu'il reconnaissait l'importance et la valeur du baptême de Jean et de son ministère dans l'ensemble (Mt. 3.15). Jésus était humble de coeur et, à cause de cela, il n'avait pas de difficulté à reconnaître la valeur des autres et la valeur de leur ministère. De même que Jean parle de Jésus avec beaucoup d'admiration (Luc 3.15-16), Jésus parle de Jean avec un grand respect (Luc 7.24-27). Jésus n'avait pas de difficulté à reconnaître et à encourager le ministère des autres parce qu'il était humble de coeur. Qu'est-ce qui fait que nous avons parfois de la difficulté à reconnaître la valeur des autres et la valeur de leur engagement pour Dieu? Comment pourrions-nous leur exprimer de façon concrète notre appréciation?
Une deuxième chose dans le texte nous indique que Jésus agissait avec humilité. Il demande au Père les ressources spirituelles nécessaires pour accomplir son ministère. Jésus, lorsqu'il s'est incarné, a volontairement mis de côté sa gloire et sa puissance divine. Il a accompli son ministère d'un bout à l'autre par la puissance du Saint-Esprit. Au moment de son baptême, Jésus prie (v. 21). Que demandait-il au Père dans sa prière? Que Dieu pardonne ses péchés? Certainement pas. Jésus a probablement demandé au Père qu'il lui accorde les ressources spirituelles nécessaires pour accomplir l'oeuvre qu'il lui avait confiée. Avant même qu'il ait terminé sa prière, « pendant qu'il priait », le ciel s'ouvre et le Saint-Esprit descend sur lui. Jésus n'avait-il pas l'Esprit? Il avait toujours eu l'Esprit (Luc 1.35), mais à partir de son baptême, le Saint-Esprit allait, avec toute sa puissance, oeuvrer main dans la main avec lui de façon particulière (Luc 4.1, 14, 18, etc.). Jésus dépendait entièrement de la puissance du Saint-Esprit. Il était conscient de l'immensité de la tâche que Dieu lui avait confiée, conscient de l'opposition qu'il subirait de toutes parts, conscient du défi immense de porter les péchés de l'humanité sur ses épaules et il savait bien que sans la puissance de Dieu il n'y arriverait pas. Jésus était humble de coeur et, à cause de cela, il n'avait pas, en tant qu'homme, d'illusions sur l'insuffisance de ses ressources.
Qu'en est-il de nous? Sur quelles ressources comptons-nous
pour servir le Seigneur et accomplir les oeuvres qu'il a préparées
pour nous? Sur notre intelligence? Sur nos talents? Sur notre discipline
personnelle? Sur notre grande expérience de la vie? D'après
vous, qu'est-ce qui fait qu'un croyant compte sur les ressources de Dieu
pour agir et qu'un autre n'a pas ce réflexe? Toutes nos ressources
humaines mises ensemble sont comme un petit seau d'eau pour éteindre
un grand feu de forêt ou encore comme cinq pains et deux poissons
pour nourrir 5,000 hommes. Avant de nous utiliser à son service,
Dieu doit développer en nous un coeur humble qui nous fasse voir
l'insuffisance de nos ressources. Compter sur la puissance de Dieu pour
accomplir l'oeuvre de Dieu est primordial.
2. Le deuxième objectif du programme de formation de Dieu est de nous rendre agréables à ses yeux. Quel témoignage Jésus reçoit-il de la part de son Père dans Luc 3.22b? Qu'est-ce qui a valu à Jésus un tel témoignage?
Avant d'entreprendre son ministère, Jésus reçoit le témoignage de Dieu qu'il est son Fils bien-aimé et qu'en lui Dieu prenait plaisir (v. 22). Luc nous dit à deux reprises que Jésus grandissait en sagesse et recevait un bon témoignage de la part de Dieu et des hommes (Luc 2.40, 52).
Avant de pouvoir servir efficacement le Seigneur, il
nous faut recevoir un bon témoignage de Dieu et des croyants qui
nous entourent (Actes 6.3-5 ; 16.1-2). Si Dieu avait un témoignage
à donner de vous aujourd'hui, que dirait-il? Profitez-en pour faire
un bilan honnête de votre marche chrétienne des derniers temps.
3. Le troisième objectif du programme de formation de Dieu est d'élargir nos coeurs. Comment cela est-il mis en valeur dans la généalogie de Luc (v. 23 à 37)?
Lorsque nous comparons la généalogie de Jésus dans Luc avec celle dans Matthieu, nous nous rendons vite compte que les deux listes comportent plusieurs différences. Une des différences importantes est que celle de Luc remonte jusqu'à Adam, alors que celle de Matthieu remonte jusqu'à Abraham. Le fait que la généalogie de Jésus dans Luc remonte jusqu'à Adam met l'accent sur Jésus, Sauveur de toute la race humaine et non seulement de la descendance d'Abraham. Jésus venait sur terre pour prendre sur son dos tous les fardeaux de tous les hommes de tous les âges. Le coeur de Dieu brûle de compassion pour tous les hommes...
Si nos idées de service, nos projets de ministère
et activités occupent toute la place dans nos coeurs de sorte qu'il
ne reste que des miettes pour ceux qui nous entourent, c'est que notre
coeur a besoin d'être élargi par Dieu. Dieu a dû élargir
le coeur des disciples pour les amener à avoir les Samaritains à
coeur, il a dû instruire son prophète Jonas et l'apôtre
Pierre afin de les amener à éprouver un peu de compassion
pour les païens (les non-Juifs), etc.
4. Le quatrième objectif du programme de formation de Dieu est de nous rendre endurants (Luc 4.1-13).
- D'après le verset 1, qui a conduit Jésus dans le désert et pourquoi?
C'est le Saint-Esprit de Dieu qui a conduit Jésus au désert où il a été tenté par le diable durant une période de quarante jours (Luc 4.1-2). Dieu n'a pas lui-même tenté Jésus, mais il a toutefois permis au diable de le faire. Pourquoi Dieu a-t-il permis cela? Pour préparer Jésus en vue du ministère. Il est mentionné plusieurs fois dans la Parole que la tentation ou l'épreuve (le même mot en grec) sont des outils dont Dieu se sert pour nous former (1 Co. 10.13).
Dieu se sert de la tentation pour nous rendre endurants. Tant que nous ne sommes pas enracinés dans le Seigneur, nous supportons difficilement les épreuves. Nous sommes vite tentés de tout lâcher et de chercher un soulagement dans la jouissance du péché. Notre nature humaine pécheresse se montre plutôt faible devant la tentation (Mt. 26.41). Mais, avec le temps, le Seigneur nous forme et nous donne de l'endurance (Jacques 1.2-4). Les propos de Jacques font penser à une visite chez le dentiste. Lorsque celui-ci creuse une dent pour enlever la partie cariée, ce n'est rien d'agréable. Alors que la poussière de dent nous monte dans les narines, nous serions tentés de lui saisir la main et de l'interrompre dans son travail. Mais nous savons très bien que si nous l'empêchons de continuer, par manque d'endurance, la dent cariée va continuer de nous faire souffrir. De même, nous ne devons pas interrompre le Seigneur dans son travail, alors qu'il se sert de l'épreuve ou des tentations pour éliminer tout ce qui est nuisible dans nos vies. De même que la dent réparée contient désormais des composantes incorruptibles, le croyant transformée revêt l'image incorruptible de son Seigneur.
- Luc rapporte que Jésus a été tenté dans trois domaines, domaines dans lesquels nous sommes souvent tentés nous aussi. Identifiez ces trois domaines avec le plus de précision possible.
(1) Jésus a d'abord été incité par le diable à combler lui-même ses besoins comme si Dieu ne s'en préoccupait pas. Jésus avait très faim (Luc 4.2). Le diable lui suggère de ne pas attendre que Dieu comble son besoin, mais de le combler lui-même (Luc 4.3). C'est l'Esprit qui avait conduit Jésus au désert pour jeûner et prier et Dieu n'avait certainement pas l'intention de le laisser mourir de faim. Il comblerait son besoin de nourriture, mais en son temps. Jésus résiste au diable. Il cite Deutéronome 8.3 et lui répond que d'obéir à Dieu était plus important que d'avoir tous ses besoins comblés (Luc 4.4). Matthieu raconte comment Dieu comble le besoin de Jésus en son temps et de façon merveilleuse (Mt. 4.11).
D'après vous, qu'est-ce qui fait que certains
croyants répondent à l'invitation du diable de combler eux-mêmes
leurs besoins et que d'autres repoussent plutôt le tentateur comme
Jésus l'a fait?
Tant que nous considérons le fait de combler
nos besoins comme plus important que d'obéir au Seigneur, celui-ci
ne pourra pas nous utiliser pour quoi que ce soit de sérieux dans
son oeuvre. Sommes-nous des enfants ou des adultes en Christ? Un enfant
réclame que ses besoins soient toujours promptement comblés,
mais un adulte sait attendre. Il fait preuve d'endurance. Il peut fonctionner,
même s'il doit souffrir pour un temps que ses désirs et besoins
ne soient pas satisfaits.
(2) Jésus est ensuite incité par le diable à mettre de côté la mission que Dieu lui avait confiée pour jouir avant le temps de la puissance et de la gloire. Le diable l'élève et lui montre tous les royaumes de la terre (Luc 4.5). Il lui offre la puissance et la gloire de ces royaumes moyennant un petit échange (Luc 4.6-7). Le diable demande à Jésus de lui donner gloire et honneur. Mais refusant de donner gloire à un autre qu'à Dieu lui-même, Jésus cite Deutéronome 6.13 et le repousse (Luc 4.8).
Jésus redoutait terriblement la croix. Il en parlait souvent à ses disciples et ne se gênait pas pour dire qu'il avait hâte que tout cela soit terminé (Luc 12.50). Profitant de son état de grande faiblesse, le diable s'amène et l'incite à mettre de côté la croix et à jouir avant le temps de la puissance et de la gloire. Mais Jésus refuse de recevoir la gloire bon marché que le diable lui offrait et remet plutôt sa cause au Père. Après qu'il eut souffert sur la croix, le Père a donné à Jésus infiniment plus de gloire et de puissance que le diable pouvait lui offrir (Ph. 2.9-11; Ap. 1.5; Ép. 1.20-22). Le diable a élevé Jésus sur une montagne (Luc 4.5), mais le Père l'a souverainement élevé au-dessus du diable, de ses puissants anges et de tout ce qui existe dans les univers visible et invisible.
Comment la tentation de jouir de la puissance et de la gloire avant le temps se présente-elle à nous?
(3) Enfin, Jésus est ensuite incité par le diable à tester la fidélité de Dieu à son égard (Luc 4.9-12). Le diable, en fin observateur qu'il est, tente maintenant Jésus en citant lui-même la Parole. Il cherche à miner la relation de confiance entre Jésus et son Père. Jésus est affamé, il est assailli de toutes parts, son Père l'aurait-il délaissé? Le tentateur incite Jésus à exiger du Père une preuve de son amour pour lui. Jésus lui répond que douter de Dieu et exiger une preuve de son amour n'était pas bien et il cite De. 6.16 (Luc 4.12) Dieu avait exprimé à Jésus son amour juste avant qu'il soit conduit par l'Esprit dans le désert (Luc 3.22). Il était donc inconvenable qu'il le force à lui donner une autre preuve de son amour et de sa fidélité en se jetant en bas du temple.
Nous tentons Dieu de diverses façons. Nous le
faisons parfois en exprimant nos doutes au sujet de son amour, de sa fidélité
ou de sa capacité de répondre à nos besoins. Nous
lui demandons aussi parfois de nombreux signes à cause de notre
manque de foi. Nous le tentons aussi parfois en faisant le mal et en nous
demandant s'il interviendra réellement pour nous discipliner (un
peu comme un petit enfant qui teste la patience de ses parents en poussant
la « tannanterie » aussi loin que possible). Avez-vous tendance
à douter de Dieu? De quelle façon le tentez-vous le plus
souvent?