Étude no 18 / Éphésiens 6.1-4
1. Dans les versets 1 à 3, Paul mentionne deux raisons pour inciter les enfants à obéir à leurs parents. Quelles sont ces deux raisons?
1re raison : Car cela est juste, c'est-à-dire car cela correspond à la volonté de Dieu.
Il est intéressant de voir que Paul, dans Éph 6.1, s'adresse directement aux enfants comme étant responsables de leur conduite devant le Seigneur : « Enfants, obéissez à vos parents, dans le Seigneur ». L'expression « dans le Seigneur » (expression absente dans certains manuscrits) signifie que l'enfant jouit d'une communion avec Dieu au même titre que ses parents et qu'il doit, en tant que croyant à part entière, agir d'une manière digne du Seigneur.
2e raison : Afin d'être heureux et de vivre longtemps sur la terre.
L'apôtre Paul choisit d'appuyer son exhortation par une promesse plutôt que par une menace. Dieu connaissait l'importance du « renforcement positif » pour l'enfant bien avant que le concept soit défini et que l'expression soit forgée.
Le sens de l'affirmation « c'est le premier commandement avec une promesse » est difficile à saisir. Le commandement d'honorer ses parents (Ex 20.12 et Deut 5.16) est en réalité le 2e commandement avec une promesse, le premier se trouvant dans Ex 20.5-6 (Deut 5.8-10). Dans quel sens ce commandement est-il donc le premier avec une promesse? Certains commentateurs ont suggéré de ne pas prendre le terme « premier » dans son sens chronologique (premier dans le décalogue), mais dans son sens hiérarchique (premier en importance pour les enfants). Mais ce point de vue place indûment le commandement d'aimer Dieu de tout son coeur au second plan. Une meilleure solution est de faire une distinction entre les malédictions et les bénédictions rattachées aux autres commandements (conséquences de l'obéissance ou de la désobéissance) et la promesse formelle rattachée au 5e commandement.
Vivre heureux sur la terre est une bénédiction recherchée par la plupart des hommes, chrétiens ou non. Dieu promet d'accorder cette bénédiction à celui qui honore son père et sa mère. Mais que veut dire au juste honorer son père et sa mère? Trois choses en particulier.
- Premièrement, honorer ses parents veut dire de ne pas les abaisser ou les mépriser en paroles (Ex 21.17; Prov 20.20, 23.22, 30.11, 30.17; Matt 15.4; Marc 7.10). Dans l'Ancien Testament, le terme «maudire» est employé (Ex 21.17) alors que dans le Nouveau Testament, le terme plus général, « parler en mal de», est employé (Matt 15.4 et Marc 7.10). Dans les temps bibliques, parler en mal de sa mère ou de son père était considéré comme quelque chose de si grave que celui qui le faisait était puni de mort (Ex 20.17; Matt 15.4).
- Deuxièmement, honorer ses parents veut dire de reconnaître leur autorité et de leur obéir (Prov 1.8, 6.20).
- Troisièmement, honorer son père et sa
mère consiste à s'assurer que leurs besoins physiques et
matériels (et même émotionnels) soient comblés
(Marc 7.10-13; 1 Tim 5.3-4).
2. Dans quelle mesure et jusqu'à quand un enfant doit-il obéir à ses parents?
Ces deux questions ne sont pas simples. D'une part, ce que les parents exigent de leurs enfants n'est pas toujours raisonnable et juste. Dans certains cas, des parents non chrétiens défendent à leurs enfants de lire la Bible, de rencontrer d'autres croyants, de se faire baptiser, etc. D'autre part, les enfants ne partent pas toujours en bas âge de la maison. Certains y demeurent jusqu'à la fin de la vingtaine et d'autres encore choisissent de ne pas fonder de famille et d'y demeurer toute leur vie. De plus, il faut tenir compte de l'âge de la majorité, âge où l'enfant devient responsable de ses actes sur le plan légal. Gardant ces considérations à l'esprit, tentons de répondre à nos deux questions : dans quelle mesure et jusqu'à quand un enfant doit-il obéir à ses parents?
De façon générale, l'enfant doit obéir à ses parents, que leurs exigences correspondent à ses préférences et façons de voir les choses ou non (Col 3.20). Si les parents exigent que l'enfant s'engage dans des situations moralement inacceptables (vol, drogue, immoralité), l'enfant chrétien devrait s'y opposer dans la mesure de ses capacités (Matt 10.37; Prov 1.10) et chercher l'appui des parents de ses amis chrétiens, de ses professeurs d'école ou des responsables d'une église chrétienne. Si les parents refusent que l'enfant se fasse baptiser ou participe à l'église chrétienne, l'enfant devrait, tant qu'il est mineur, respecter ses parents et chercher à s'approcher du Seigneur par d'autres moyens : prière, lecture de la Bible et rencontres occasionnelles avec des amis chrétiens. Si les parents défendent à l'enfant de lire la Bible, de prier ou de parler du Seigneur à ses amis, l'enfant n'est pas tenu d'obéir à ses parents, mais devrait continuer à faire ces choses discrètement à l'école ou ailleurs, sans chercher à provoquer la colère de ses parents (Matt 10.37; Actes 5.29).
Tant qu'un enfant demeure sous le toit familial, il devrait
respecter les règles de la maison quel que soit son âge. Toutefois,
un enfant qui a quitté le foyer n'est pas tenu devant Dieu de se
plier aux préférences ou aux choix personnels de ses parents,
car un tel enfant, devenu adulte à part entière, est
responsable de ses choix devant Dieu. Ceci dit, il faut ajouter que le
respect envers ses parents est toujours de mise et qu'un enfant devenu
adulte a tout avantage à écouter les conseils de ses parents
avant de prendre ses propres décisions.
3. D'après vous, pourquoi les enfants ne respectent souvent pas l'autorité des parents?
- Les enfants font partie des fils de la rébellion comme tous les autres humains qui sont séparés de Dieu à cause de leurs péchés (Éph 2.2, 5.6; Rom 1.30; 2 Tim 3.2). Bien qu'ils soient généralement humbles, candides et prompts à faire confiance aux autres (Matt 18.3), les enfants ne sont pas de petits êtres purs et angéliques comme on le dit souvent. La Bible déclare que la folie est attachée au coeur de l'enfant (Prov 22.15).
- Nous vivons dans une société où le respect de l'autorité est de plus en plus rare. Les enfants grandissent dans un contexte de gens sans foi ni loi.
- En agissant de façon injuste envers leurs enfants
(favoritisme, des règles et des principes qui changent selon l'humeur,
etc.), certains parents les rendent frustrés et rebelles.
4. Au verset 4, Paul exhorte les pères à bien agir envers leurs enfants. Quelles recommandations leur fait-il?
De ne pas irriter leurs enfants. Paul ajoute dans Colossiens 3.21 : « de peur qu'ils ne se découragent ». Comment un père peut-il irriter ses enfants?
- En usant de favoritisme envers l'un ou l'autre.
- En corrigeant ses enfants sans avoir précisé
préalablement les règles.
- En sévissant avant même d'avoir bien compris
la situation.
- En plaçant sur eux des attentes irréalistes.
- En leur manquant de respect (les humilier, leur apposer
des étiquettes négatives, etc.).
De les élever en les corrigeant et en les instruisant selon le Seigneur. Littéralement, le texte grec dit : Élevez-les dans la correction et l'instruction du Seigneur. Les deux côtés de l'éducation chrétienne sont : (1) la correction et (2) l'instruction du Seigneur. La plupart d'entre nous avons une bonne idée de ce qu'est l'instruction du Seigneur. Mais à quoi « la correction du Seigneur » que nous sommes appelés à exercer envers nos enfants ressemble-t-elle?
- La correction du Seigneur est toujours mesurée.
Elle est parfois pénible à supporter, mais elle n'écrase
jamais l'individu (Héb 12.5; Matt 11.28-30).
- La correction du Seigneur est toujours motivée
par l'amour (Héb 12.6-7). Elle n'est jamais le fruit de la frustration,
de la mauvaise humeur ou de l'égoïsme.
- La correction du Seigneur n'a pas un caractère
moralisateur, mais a pour objectifs une transformation positive de l'individu
et son plus grand bonheur.
- La correction du Seigneur est toujours accompagnée
de consolations et d'encouragements (Héb 12.12-13). Nous voyons
cela de façon particulière dans les livres prophétiques
de l'Ancien Testament où les thèmes de la correction et de
la restauration s'entrecroisent constamment.
5. D'après vous, comment peut-on élever nos enfants selon le Seigneur dans le monde d'aujourd'hui? Donnez des suggestions concrètes.
- Comprendre que notre bonheur dépend en grande
partie de la condition de nos enfants (Prov 10.1; Prov 23.15).
- Diriger les 0 à 6 ans, encadrer les 8 à
13 ans et accompagner et conseiller les 14 à 20 ans. Les parents
doivent grandir avec leurs enfants, changer leur façon de voir leurs
enfants et modifier leur façon d'intervenir auprès d'eux
en cours de route.
- Prendre le temps nécessaire pour développer
de bonnes relations avec ses enfants et faire du foyer un lieu où
il fait bon vivre.
- Agir avec humilité. Des parents qui admettent
leurs torts (face aux enfants) et leurs manques (face à Dieu) ont
plus d'influence positive sur leurs enfants que des parents « quasi
parfaits ».
- Mettre beaucoup d'accent sur les choses importantes
et moins sur les choses secondaires : respect versus habillement...
(Éph 6.4a).
- Préparer les enfants à devenir des personnes
autonomes et responsables.
- Aider l'enfant à trouver qui il est et l'aider
à se développer selon ce qu'il est et non pas selon ce que
nous aimerions qu'il soit. Identifier ce qui le motive et l'intéresse.
- Prier pour ses enfants et leur annoncer l'Évangile.
Ne pas croire que fréquenter l'église ou une école
chrétienne font d'eux des croyants.
Quelques principes à respecter avec les adolescents :
- Comprendre que l'adolescent n'est pas un jeune en crise,
mais un jeune en période de développement : physique, émotif,
intellectuel, moral et spirituel.
- Desserrer la vis - donner un peu plus de liberté
: leur donner la possibilité de faire des choix, leur faire graduellement
confiance, ne pas toujours réagir négativement à leur
recherche d'indépendance. Maintenir un certain contrôle :
les avertir des dangers, les informer, les faire réfléchir,
les instruire, les encourager et les exhorter dans le Seigneur (Éph
6.4b). S'informer de ce qu'ils font : quoi? quand? avec qui? Leur demander
de se rapporter. Négocier avec eux des limites acceptables et, dans
certaines situations à haut risque, leur en imposer.
- Éviter de dramatiser et de s'emporter. Les adolescents
ne recherchent pas l'amitié du parent ou du professeur qui dramatise
ou qui passe son temps à lui faire la morale. L'adolescent a un
grand besoin d'encouragement, car il n'est pas sûr de lui et il est
généralement très conscient de ses gaffes, de ses
faux pas et de ses manques (Col 3.21). De plus, les émotions de
l'adolescent sont comme des montagnes russes et il les contrôle mal.
Ses émotions passent de la contestation radicale aux grands élans
d'affection dans un laps de temps relativement court. Éviter les
discussions virulentes : si le ton monte, attendre que les émotions
se calment et aborder les sujets chauds plus tard. Le lendemain ou même
quelques heures après, l'adolescent ne sera plus le même.