Étude no 17 / Éphésiens 5.22-33
1. Paul souligne au v. 21 que nous devons être soumis les uns aux autres dans la crainte de Christ juste avant de mentionner la responsabilité des femmes d'être soumises à leur mari. En quoi la mention de ce principe général de soumission éclaire-t-elle notre compréhension du v. 22?
La soumission est souvent présentée comme étant quelque chose que Dieu exige exclusivement de la femme alors que, dans les Écritures, elle est présentée comme la responsabilité de tous les croyants quels que soient leur sexe, leur niveau d'éducation ou leur statut social (Éph 5.21). Dieu exige : (1) que tous ses enfants lui soient soumis (Matt 11.29-30; Jac 4.7; Héb 12.9), (2) qu'ils soient soumis aux autorités civiles (Rom 13.1; Tite 3.1), (3) que les serviteurs (esclaves) soient soumis à leur maître (Tite 2.9), (4) que les enfants soient soumis à leurs parents (1 Tim 3.4) et (5) que les femmes soient soumises à leur mari (Éph 5.22, 24; Tite 2.5). Dieu exige la soumission à différents niveaux à cause de l'ordre qu'il a établi dans la création et dans la société. La disparition de l'ordre dans la société crée une situation de confusion et de chaos entraînant de nombreux déboires.
Jésus lui-même, le souverain des univers visible et invisible, est pour nous un exemple par excellence de soumission (1 Cor 15.28).
L'expression « comme au Seigneur » du verset
22 ne signifie pas que la femme doit être soumise à son mari
de la même façon qu'elle l'est au Seigneur, mais que sa soumission
à son mari doit être motivée principalement par son
désir de plaire au Seigneur (cf. Col 3.18).
2. Dans les versets 23 et 24, Paul donne la raison
pour laquelle les femmes doivent se soumettre à leur mari. Qu'en
est-il?
- Dieu lui-même a établi le mari chef de
la femme. Cet ordre de choses ne relève pas d'un contexte socioculturel
en particulier, mais d'une ordonnance divine.
- La relation entre Christ et l'Église définit
l'idéal de Dieu pour la relation entre l'homme et la femme. Cette
relation n'est ni une relation de domination, ni une relation d'exploitation,
mais une relation de respect (qui est son corps), d'amour (dont il est
le Sauveur) et de soumission volontaire (de même que l'Église
est soumise à Christ...).
- Le terme chef (kefalhv) ne
signifie pas « patron » ou « maître », mais
responsable. En tant que responsable de la famille, l'homme doit s'occuper
de sa femme et de ses enfants et devra répondre un jour devant Dieu
de la façon dont il s'est acquitté de cette tâche.
3. Comment appliquer cette vérité de la soumission de la femme sans sombrer dans les excès du traditionalisme ou du féminisme?
- Ne pas confondre égalité des sexes et disparition des rôles. Même si les femmes et les hommes ont la même valeur devant Dieu, ils sont appelés à exercer des rôles différents au sein de la famille, de l'Église et de la société.
- Reconnaître qu'il est impossible de fonctionner et de progresser au sein de la famille, de l'Église et de la société dans un contexte d'anarchie.
- Reconnaître que le rôle traditionnel imposé à la femme dans certaines sociétés est limitatif, injuste et abrutissant. Le portrait de la femme de Proverbes 31.10-31 et le rôle des femmes à travers la Bible s'inscrivent en faux contre plusieurs stéréotypes aliénants.
- La responsabilité de la femme d'être soumise à son mari est présentée ici de pair avec la responsabilité de l'homme d'aimer et de respecter sa femme. Toutefois, la responsabilité de la femme n'est pas conditionnelle au comportement de l'homme.
- Comprendre que le principe de soumission de la femme
est contrebalancé par d'autres principes bibliques. Par exemple,
dans certaines situations d'abus physiques, il est contrebalancé
par le principe de la soumission aux autorités civiles. En effet,
toute personne connaissant l'existence d'une situation de violence conjugale
est tenue par la loi de la rapporter aux autorités civiles. Dieu
n'exige pas que la femme continue de fonctionner dans un contexte familial
où la violence menace sa sécurité et la sécurité
de ses enfants. D'autres principes bibliques tels le principe de la soumission
mutuelle (Éph 5.21) et le principe de la paix (1 Cor 7.15-16) peuvent,
dans certaines situations particulières, prévaloir sur le
principe de la soumission.
4. Dans les versets 25 à 27, Paul exhorte les maris à aimer leur femme comme Christ a aimé l'Église. En quoi ce que Christ a fait pour l'Église jette-t-il de la lumière sur la responsabilité de l'homme envers sa femme?
Christ s'est volontairement livré à Dieu
comme sacrifice pour des gens qui étaient les ennemis de Dieu et
qui sont devenus l'Église (v. 25). Mais certains hommes, très
égocentriques, ne sont pas prêts à vivre le moindre
désagrément dans le mariage. Ils exigent beaucoup de leur
épouse, s'attendent à ce que celle-ci comble leurs moindres
désirs, mais ne sont pas disposés à faire de même
pour elle. Aussitôt que la relation devient un peu trop exigeante,
ces derniers abandonnent la partie et partent à la quête de
nouvelles aventures.
L'idéal de Dieu est que les maris fassent pour
leur épouse ce que Christ a fait et continue de faire pour l'Église.
Beaucoup de prière et de méditation sont essentielles pour
nous aider à saisir la profondeur et la richesse de ce parallèle.
Aimer sa femme consiste aussi à favoriser son cheminement
spirituel (v. 26-27) par la Parole, la prière, et un climat d'amour,
de douceur et de respect.
5. Dans les versets 28 à 33, Paul fournit une raison majeure pour inciter les hommes à aimer leur femme. Quelle est cette raison? Expliquez en vos mots les propos de Paul.
Dans les versets 28 à 33, Paul se sert habilement des motivations égoïstes de l'homme pour l'exhorter à aimer sa femme. Aimer sa femme et s'aimer soi-même sont présentés par Paul comme les deux côtés de la même médaille (v. 28). En d'autres mots, entretenir une relation harmonieuse avec son épouse est une façon intelligente et efficace pour le mari de contribuer à son propre bonheur. De façon générale, une épouse qui se sent aimée et respectée aime à son tour.
Paul souligne dans les versets 28 à 33 que la proximité commande l'amour. C'est tout à fait normal pour la plupart des gens de prendre soin de leur corps (v. 28-29a). C'est aussi normal pour Christ de prendre soin de son Église dont les membres sont les membres de son corps (v. 29b-30). C'est donc dans l'ordre naturel des choses que l'homme prenne soin de sa femme avec qui il forme une seule chair (v. 31). Négliger son corps ou son épouse ne peuvent qu'entraîner soucis et souffrances.