Étude no 10 / Éphésiens 4.1-6
1. En disant : « Je vous exhorte donc... », Paul établit une relation entre ce qui précède et ce qui suit. Quel(s) élément(s) Paul met-il en relation?
Paul a décrit dans les trois premiers chapitres de sa lettre les grandes richesses que les croyants d'Éphèse et de l'Asie avaient reçues de la part de Dieu en Jésus-Christ. Dans les trois chapitres suivants, il met l'accent sur leurs responsabilités comme croyants. Ayant reçu tant de bénédictions de la part de Dieu, il serait incohérent de ne pas marcher en nouveauté de vie.
L'exhortation de Paul se résume à «
marcher d'une manière digne de la vocation (de l'appel) »
qui nous a été adressée par Dieu en Jésus-Christ.
En quoi consiste cet appel? Dieu appelle les croyants à (1) devenir
saints et irrépréhensibles devant lui (Éph 1.4 et
2.21), (2) à pratiquer les oeuvres de Dieu (Éph 2.10) et
(3) à vivre en paix avec Dieu et avec les hommes (Éph 2.15-17).
Dans les versets 1 à 6 du chapitre 4, Paul insiste sur l'importance
de vivre dans l'unité les uns avec les autres.
2. Pourquoi Paul mentionne-t-il qu'il est « le prisonnier dans le Seigneur » au v. 1?
En mentionnant qu'il est « prisonnier dans le Seigneur », Paul désire faire comprendre aux Éphésiens qu'être dans le Seigneur (en Jésus-Christ) comporte aussi des obligations et des souffrances. Dans les trois premiers chapitres de sa lettre, il a énuméré toutes les bénédictions découlant de la communion avec Christ et dans les trois suivants, il mentionne les luttes relationnelles, morales et spirituelles rattachées au fait d'être en communion avec lui.
Certains ont traduit l'expression grecque « le prisonnier
dans le Seigneur » (oJ devsmio" ejn kurivw/)
par « le prisonnier du Seigneur » ou par « le prisonnier
pour le Seigneur », mais nous croyons qu'il est préférable
de traduire la préposition grecque (ejn)
dans son sens habituel désignant la sphère dans laquelle
nous vivons en Jésus, sphère dans laquelle s'entrecroisent
bénédictions et souffrances (Phil 3.10).
3. D'après les versets 2 et 3, quels sont les ingrédients nécessaires pour maintenir l'unité? Identifiez-les et donnez le sens de chacun d'eux.
Ingrédients et sens :
L'humilité :
L'humilité n'était pas vue comme une qualité
à rechercher dans la culture gréco-romaine. L'humilité
et l'humiliation étaient le propre des esclaves. La qualité
à rechercher pour un citoyen respectable était plutôt
la fierté. Pourtant sans humilité, aucune unité réelle
n'est possible (cf. Phil 2.2-3).
La douceur :
Le mot douceur décrit l'attitude d'une personne
calme, sereine et bienveillante. Il arrive à une telle personne
de s'indigner devant l'injustice (comp. Matt 11.29 et 21.12.13; comp. Nomb
12.3 et Ex 32.15-20), mais elle n'est pas constamment irritée pour
tout et rien. Une personne douce favorise l'unité, mais une personne
revendicatrice et dure brise l'unité.
La patience :
Le mot « patience » décrit l'attitude
d'une personne qui supporte patiemment les désagréments que
lui font subir les autres et qui n'est pas prompte à rendre la pareille
(cf. Col 3.12; voir l'exemple de Jésus dans 1 Pi 2.23).
L'amour :
En mentionnant l'importance de se supporter les uns les
autres dans l'amour, Paul attire notre attention sur trois choses en particulier.
Premièrement, par l'expression « les uns les autres »,
il sous-en- tend que nous sommes tous, à l'occasion, un sujet de
frustration pour les autres. Certains croyants se voient comme étant
d'éternels offensés et ils oublient à tort qu'ils
offensent aussi les autres et cela, peut-être plus souvent qu'ils
ne l'imaginent. Deuxièmement, en ajoutant « vous supportant
», l'apôtre met un accent particulier sur la patience qu'il
vient tout juste de mentionner. Troisièmement, par l'expression
«patience dans l'amour », Paul indique que ce type de patience
n'est accessible que dans l'amour divin.
Des efforts :
L'expression « vous efforçant » ou
« ne ménageant aucun effort » montre que conserver l'unité
nous amène au coeur d'un grand combat personnel. L'Esprit est celui
qui établit l'unité parmi nous, mais c'est à nous
de la conserver en empêchant, par l'Esprit, nos instincts pécheurs
de se manifester (cf. Gal 5.16-23).
L'Esprit :
Comme il a été dit précédemment,
l'Esprit est celui qui établit l'unité parmi nous. Chercher
à établir une unité profonde parmi les hommes sans
faire intervenir l'Esprit de Dieu relève de l'utopie. Seul l'Esprit
de Dieu que nous recevons au moment de la conversion à Jésus-Christ
(Éph 1.13) a le pouvoir de réconcilier les hommes.
La paix :
Sans climat de paix, il est impossible de conserver l'unité.
L'unité entre les croyants est présentée ici comme
l'oeuvre du Saint-Esprit que nous devons prendre bien garde de ne pas détruire
en laissant s'installer parmi nous un climat de discorde et de mésentente.
Dieu appelle chacun de nous à être un ouvrier de paix (Matt
5.9).
4. Paul décrit l'oeuvre de Dieu comme étant une oeuvre basée sur des éléments d'unité. Énumérez les éléments mentionnés dans les versets 4 à 6.
- Un seul corps (Éph 2.16; 3.6).
- Un seul Esprit (Éph 2.22).
- Une seule espérance (Éph 1.14; 2.12-13).
- Un seul Seigneur (Éph 1.22-23).
- Une seule foi (la foi en Jésus).
- Un seul baptême (l'engagement public de croire
en Jésus et de vivre pour lui).
- Un seul Dieu (le Père de tous ses enfants, parmi
tous ses enfants et en tous ses enfants).